Après deux semaines sans retrouver ni force, ni repos tant la souffrance s'impose, il prend son courage à deux mains pour m'accompagner aux endroits où il a, lui-même pris rendez-vous, il y a de cela plusieurs semaines : Paris et Lille.

Une rencontre avec une vingtaine de prêtres confesseurs pour échanger nos expériences réciproques en matière d'écoute de la souffrance humaine. Quelle écoute de leur part !  Puis quel magnifique partage.  Quel don d'eux mêmes. Et quelle admiration pour mon mari qui arrive à s'exprimer avec vigueur presque une heure d'affilée. Je repense aux phrases de St Paul : "C'est lorsque je suis faible que je suis fort !" ou "Ce n'est plus moi qui vis, mais c'est Christ qui vit en moi !"  Ahurissant. Je suis bouleversée et trouve difficilement mes mots pour prendre, par moments, sa relève pour qu'il souffle un peu.

Quelques heures plus tard, alors qu'il s'est traîné dans le métro, a eu froid dans la gare du Nord, s'est assoupi dans le train, est parti se reposer après le dîner...  je le contemple à nouveau, parlant avec chaleur, force et énergie de "La Compassion" (thème de la soirée) devant une quarantaine de jeunes professionnels qui cheminent en approfondissant, une année entière, le sens de leur vie à la suite du Christ ! Formidables. Ces jeunes sont formidables !

Mon mari aussi est formidable dans la profondeur et la justesse des échanges avec eux. Je suis mariée à un type fort, fort, formidable.  Je suis baba ! Là encore il "assure", par je ne sais quel miracle.

Le lendemain matin, réunion  avec une dizaine d'amies collaboratrices : écoutantes, intervenantes dans les lycées, etc. Elles sont chaleureuses dans leur accueil et discrètes dans leur coups d'oeil quand mon chéri fait son apparition dans le salon où nous sommes rassemblées. Je lui trouve la mine défaite après une petite nuit. Alors qu'il n'a pu rester longtemps assis au petit dèj avec notre hôtesse...  là, à nouveau, une fois calé dans le canapé, il tient le coup :  très présent, attentif, réactif aux questions posées, donnant quelques directions pour l'avenir. Nous plaisantons et papotons joyeusement.

Cela me rappelle une question de ma belle-mère, venue passer quelques jours avec nous cet été : "Mais, il se force ou il est vraiment joyeux ?" Ce à quoi, j'avais répondu du tac au tac : "Vous avez déjà vu votre fils se forcer ? Vous le voyez tel qu'il est : Il est VRAIMENT joyeux !"

Je suis un témoin à nouveau bluffé de ce que la grâce peut faire dans un corps anémié et chancelant. Incroyable.

Mais monsieur fait moins le malin, quand, de retour à la maison, il s'effondre : " Sur ce coup là, je crois que j'ai tout donné ! " Je confirme. Tout.