Post incompréhensible si l'on a zappé : "Un nombre en or " du 24 Nov 2013

Ars 2014 (suite)

Il est évident qu'en arrivant le 27 janvier dans "The" lieu mythique familial de "la conversion de papa", juste deux mois après sa mort, je ne peux QUE désirer des grâces. D'abord et surtout pour les retraitants de la Stabat. Que de souffrances inimaginables sont déposées dans les oreilles des accompagnateurs et dans le coeur de Dieu. C'est inouï.

Et puis pour la famille... dur, dur les temps qui courent et le temps qui n'avance pas. Paradoxal et douloureux.

Donc il faut que le Ciel soit au rendez-vous amoureux. Comme au temps du Saint Curé d'Ars. Pas moins.

 

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Dans mes moments libres je fais donc le pied de grue devant "la petite lumière rouge" de l'autel où mon mari, 28 ans plus tôt, s'était retrouvé "douché" par une effusion d'Amour venue d'En Haut.  Et je réclame.

J'asticote le Saint Curé dans sa châsse vermeille :    

" Faudrait voir à pas se reposer là-haut ! Y a du boulot ici-bas ! Et nous on n'est pas cap ! On est trop faibles et fragiles. Il faut que les grâces descendent ! Et viiiite ! S'il vous plaît ! Vous faites une sacrée équipe d'intercesseurs là-haut... au boulot je vous en priiiiie !"

 

Puis je fonce aux pieds de la statue de Marie où un certain 20 Août 1985 j'avais "posé mon sac à dos", à savoir l'impossibilité d'aller plus loin dans ma vocation d'épouse.

IMG_0269 Après avoir, à l'époque, reçu l'ordre du prêtre, après ma confession :  

- "Maintenant fichez la paix à votre mari ! Vous l'avez amené ? Il est là ?! Alors... lâchez-le ! Faites ce que bon vous semble pendant toute cette session et LÂCHEZ-LE !  ce n'est plus votre affaire, mais celle de Dieu ! Ok ?"

- "Ok ! " et j'avais lâché... peut-être pour la première fois de ma vie ? Je ne sais plus. Mais j'avais foncé (déjà) sur Marie en inscrivant mentalement nos noms dans son coeur comme avait fait le Saint Curé en son temps en y inscrivant les noms de tous ses paroissiens.

Mais en cette STABAT, je ne lâche pas ! Je joue même à fond la grande scène du 1- Acte 18 - du rôle de "La veuve importune" de Jésus par Saint Luc !... (ou plus exactement, Évangile de St Luc, chapitre 18, verset 1 à 18)

Et pour être sûre d'être entendue et que mes réclamations arrivent au bon bureau là haut, je demande, le 28 janvier, un p'tit signe... "Siou plait ! Pour les deux mois de mon chéri au Ciel ! A vot' bon coeur, m'sieurs dames ! Marco, tu m'entends ? Et Jésus, Il me reçoit 5 sur 5 ? Oui, je sais je suis tannante... rien de nouveau sous le Ciel, mais s' te plait, ne nous laisse pas tomber !"

Et j'attends. Et je scrute. De long en large. Cette fichue Basilique. Pas de 333 évidemment. Encore moins de 172, ça c'était couru ! Même pas une ancre marine : pas d'Espérance là dedans ? Eh ho ! Y a quelqu'un ?

J'en parle bien sur à Philomène, la Sainte chérie du fameux Curé dont ma petite fille porte le si joli prénom. Que nenni !

J'élargis mon champ d'investigation et parcours la maison du saint Curé maintes fois visitée. Rien ! Je longe les rues et les boutiques ! Rien ! Rien de rien piafai-je (un peu facile celle-là !)

Et d'un seul coup je me dis que je deviens givrée. Dans le sens de frapa-dingue ! Neu-neu ! Que ça ne va plus du tout dans ma tête. Et, en plus que je mets mon Dieu à l'épreuve. Et que j'emm....e sans doute mon mari. Bon mais ça c'est moins grave. Il a l'habitude, est bien rodé et ce n'est pas en 2 mois qu'il s'est déshabitué, hein Marco ?!

Alors, la mort dans l'âme et avec une contrition presque parfaite, je lâche prise. Je lâche tout. Je retrouve le chemin de l'abandon dans une Main et un Amour Providentiels qui savent sans doute mieux que moi ce qui est bon pour nous en ce village.

C'est alors qu'une journaliste de Famille Chrétienne me demande un témoignage des Stabats pour son journal ! Au lieu de recevoir... je tente de donner. Pauvrement comme toujours. Mais encore un peu plus en ce jour.

Je dois quitter Ars avant la fin de la session... je ne saurai donc pas si mes prières sont arrivées à bon port. C'est ainsi.

Je sors une dernière fois de la Basilique. Hume l'air frais de la place maintes fois décrite par mon mari dans chacun de ses témoignages. Je goutte le soleil avec délices.

Ah, tiens... un dernier saut vers la rotonde où la relique du coeur du St Curé est exposée et où je n'ai pas eu le temps de me rendre avec mes recherches débiles. J'entre. Pas de coeur. Il est en balade dans un coin de France où il doit encore faire des siennes en paquets de grâces ! Même lui a déserté !

Un p'tit coup d'oeil sur les fresques et mosaïques avant de sor... de sortir... et là ! ÉNORME... au dessus de ma tête car surplombant la porte et donc tout le temps exposée face à la relique du St curé d'Ars :

Ancre d'Ars 2

L'Espérance. La seule ancre d'Ars ! Et le nom de notre petite fille en sus. Filumena : Philomène chérie. Avec, comme une bénédiction toute particulière de ton bon-papa au ciel, allié de Ton Père du Ciel. C'est trop bon. Je m'écroule en sanglots de reconnaissance. Que de grâces. Merci !

Oui bien sur que je suis folle, mais " ... ce qu'il y a de fou dans le monde voilà ce que Dieu a choisi. Ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi !" (Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens - Chapitre 1. Verset 27)