Post incompréhensible si l'on a zappé : "Un nombre en or " du 24 Nov 2013

Session Stabat du 26 au 31 janvier. Dans les Dombes... 30 km de Lyon.    

Première plongée dans la souffrance des autres depuis "l'entreé dans la Vie" de Jean-Marc.

L'équipe m'accueille avec beaucoup de gentillesse, me proposant de vivre les choses à mon rythme, consciente de tout ce qu'Ars et la session peuvent réveiller en moi de souvenirs et de chagrin.

Effectivement de vives émotions troublent mon coeur : revenir seule, alors que nous étions pratiquement toujours ensemble pour co-animer ces sessions est bien douloureux. Et Ars, Ars... ARS fut "The place to be" pour notre couple et notre famille. C'est le lieu dont Jean-Marc a tellement parlé dans chaque témoignage de sa conversion.

Si l'abbé Jean-Marie Vianney, en devint le bien modeste curé à la fin de la révolution française, c'est par son amour débordant pour ses ouailles et sa sainteté qu'il attira les foules de son vivant.  Et notre couple paumé en 1985 !

C'est à lui que j'ai emprunté (et déformé) le titre de ce blog. En effet, en arrivant à Ars, le jeune prêtre demanda sa route à un petit berger. Une fois renseigné, le nouveau curé dit à l'enfant : "Tu m'as montré le chemin d'Ars, je te montrerai le chemin du Ciel !" Ce qu'il ne manqua pas de faire.

Quand à moi, une fois dans ma vie, j'ai montré à mon mari le chemin d'Ars...  et il n'a cessé, depuis, de me montrer le chemin du Ciel !

Et il continue à le faire aujourd'hui. Ce blog en est le modeste témoin.

Mais je pensais qu'il continuerait à le faire longtemps... à mes côtés. Or, quelques semaines avant sa mort, le coeur lourd et révolté je lui disais :

- "Tu ne peux pas mourir maintenant,  c'est impossible... tu n'as pas fini d'écrire le témoignage de ta conversion que tous les gens te réclament quand ils t'ont entendu ! Tu ne peux pas mourir !"

En me regardant d'un air arsouille (que nous lui connaissions bien quand il se moquait de ma pomme), il  me répondit dans un doux sourire malicieux :

- " Ce sera ton job, ça ! Moi, j'ai déjà écrit une quarantaine de pages. Je n'ai rien à rajouter. En plus, je ne connais personne qui raconte aussi bien que toi ma conversion ! Tu as toujours été très douée pour raconter des trucs que tu n'avais pas vécus ! Tu verras... tu feras ça très bien !"

Que cet homme m'énerve ! Jusqu'au bout du bout du banc il m'aura énervée ! Et c'est en l'embrassant tendrement que je le lui dis ce jour là.