Post incompréhensible si l'on n'a pas lu  : "Un nombre en or " du 24 Nov 2013

Un mois déjà. Un mois seulement.

Ce matin c'est départ pour la montagne.

L'été dernier il avait été décidé avec Marco que nous passerions le nouvel an en famille dans le chalet de son frère en Savoie, tant aimé des enfants, à l'entrée du Parc de la Vanoise. Décision prise pour nous retrouver, à ses côtés, au chaud du coeur familial. Expression bien mièvre mais la seule qui me vienne au moment de noter ces mots.

Puis, son état de santé se dégradant, nous hésitions de plus en plus à tenter le voyage. Début novembre, nous renoncions totalement à l'idée, interpellés par les mots : "Je n'aurai pas la force !" de celui autour duquel le projet s'organisait.

Et le 28 novembre, jour tant redouté, tout a basculé... alors  trop vite Noël, "fête de la Nativité" d'un Sauveur, puis les "fêtes de fin d'année" si heureuses d'habitude... tout est noyé dans la brume cotonneuse de l'hiver de coeurs et des esprits. Que faire finalement cette année alors que le "patriarche" manque à l'appel ?

Sans bien savoir comment, nous reprenons mentalement le chemin de la Savoie. Et l'idée s'impose que "ça nous fera du bien à tous de nous retrouver au chalet, non ?!" Aussitôt dit, aussitôt re-décidé : "La Tanière", la bien nommée pour cette bande de nounours engendrée par mes beaux-parents, sera une fois de plus le refuge au coeur du froid et de l'hiver. 

C'est pourquoi, nous nous retrouvons dans le train, notre dernière fille et moi, en partance pour la grande blanche !

Je suis toute tristounette depuis mon réveil car je demande à mon Dieu (et à mon mari...) s'il serait possible d'avoir un petit coucou du Ciel. Tout juste un mois de Paradis, ça se fête non ? Je me trouve héroïque d'avoir tenu le coup un mois entier, alors, un petit encouragement pour continuer la route, ce serait sympa. Non ?!

Y a quelqu'un qui répond, là-haut, ou zut ?

Rien. Eh, ben, ça promet ! Si au bout d'un mois il n'y a déjà plus de contact... reste au chaud, Marco ! T'as raison... reste au chaud. Nous c'est l'hiver des coeurs mais tu as peut-être déjà oublié l'effet que ça fait ?!

TGV bondé. Pieds écrasés. Bagages calés. Visages fatigués. Autour de nous tablettes et autres écrans déployés, prêts à aider le temps à passer. Nous nous sourions et nous blottissons l'une contre l'autre, ma fille et moi. Un peu surprises d'être là... malgré tout. Malgré la mort qui est passée dans nos vies. Je lui ouvre mon coeur en lui avouant que j'aimerais bien un petit bonjour de son père, pour son premier mois. Elle opine du chef et nous laissons tranquillement couler les larmes tièdes de la tendresse.

Une heure, puis deux et presque trois passent quand mes yeux sont attirés par le pull over du petit garçon assis en face de moi, de l'autre côté de l'allée. A côté de son frère. Face à ses parents. Des écouteurs dans les oreilles, les yeux rivés sur leur "film-baby-sitter". Je ne l'avais pas vu. Pas remarqué. Miro que je suis. Je suis éberluée. Scotchée. Médusée. Une ancre énorme s'étale sur sa poitrine. Je rêve ! Nous sommes dans un train bondé et le "hasard" me met en face d'une ancre... et pour partir à la montagne... pas à l'île de Ré ! Un coup de coude à ma fille avec un  "Tu vois ce que je vois ?!" qui la tétanise aussi, suivi d'une prise de photo discrèèèèète avec mon Iphone et le tour est joué. Trop heureuse. Je l'ai eu MON signe. Trop facile, tu avais raison Marco. Trop facile... mais j'ai failli le rater !

Du coup je prends la décision de parler à la maman... et de la remercier d'avoir ainsi habillé son fils ce matin. J'ose ou j'ose pas ? Ira ? Ira pas ?

Ira ! Quand les enfants se lèvent avec leur père pour aller au bar... je fonce. Assise à la place de l'enfant je parle à la maman. "Bonjour madame, voilà, je veux vous remercier d'avoir mis ce pull à votre fils ce matin... "  Devant son recul, son air fermé et méfiant, je bredouille : "En fait je vous explique, j'ai perdu mon mari il y a un mois... un code entre nous... comme des signes... une ancre, un 333, ou un 172... je suis chrétienne... quelque chose après la mort... pas le vide, une autre vie... et là, votre fils habillé comme ça... il est un signe pour ma fille et moi... vous comprenez ? "

Coup d'oeil vers la fille en question qui lui sourit doucement.

Retour du regard vers moi et là ... miracle ! Son visage rayonnant me fait face. Elle a compris !

Bouleversée, elle renchérit : "Oh, vous savez, il n'a ce pull que depuis Noël. (3 jours, donc). C'était son cadeau. Il l'aime tellement qu'il a tenu à le mettre pour aller à la montagne ! C'est drôle non ?"

- "Non, madame, ce n'est pas drôle, c'est merveilleux et je voulais vous faire part de cet émerveillement dont vous êtes l'origine pour moi aujourd'hui."

Je peux alors lui parler du blog, lui montrer la photo que j'ai prise de son fils et lui demander si elle me permet de la publier (ayant pris soin de "couper" la tête de l'enfant). Elle m'autorise, ravie ! La voilà :IMG_0201

Quand son mari revient s'asseoir, elle lui chuchote tendrement plein de choses à l'oreille... alors qu'ils ne s'étaient pas dit un mot pendant les premières heures du trajet ! Il louche discrètement sur moi puis sur son fils. Alors, ensemble, je les vois chercher des sites chrétiens sur leur PC où des Jésus Miséricordieux s'inscrivent subitement en grand écran.. Ça change du film policier de tout à l'heure ! 

Et le plus beau, le plus beau du plus beau qui me fait exulter quand la nuit tombe c'est ce qui s'inscrit dans la glace de notre wagon et que j'ai pu bien maladroitement prendre (encore !) en photo ! Le polo du papa !!

IMG_0205

Merci Seigneur. Oui, je crois que le Ciel touche la terre. Que les annivs existent au Ciel quand ils sont importants pour la vie de pèlerins de la terre.

Merci Marco, d'avoir demandé cette grâce pour ton incrédule épouse. L'Espérance reste vraiment ton moteur !