"Il ne faut pas trop vous focaliser sur les signes de votre mari comme les 333, ou les ancres marines, ni les 172 !"

Quand mon père spi m'a donné ce conseil en avril 2015,  j'ai eu le sentiment d'avoir ouvert une bouche de carpe repulpée d'acide hyaluronique. Avec des points d'interrogation dansant dans les yeux !

- Comment, quoi, pardon ? Mais je ne comprends pas... vous pouvez répéter ?

Alors, il répète. Et je ne pige pas plus. Mais... m'enfin, si je ne fais pas attention "aux signes" éventuels, je ne les verrai donc plus, ni ne me rendrai attentive à ces "coucou" qui me disent que le Ciel est tout près de la terre et que la communion des Saints est bel et bien réelle. Ca servirait à quoi que Poupou (surnom de mon mari), il se décarcasse, là-haut si je passe à côté ?

Et pourtant, j'ai immédiatement tenté de me raisonner : il a sans doute raison. C'est un sage, lui. Un pragmatique doublé d'un priant. 

Il a peut-être peur que je fasse de la fixette et que, au stade où j'en suis, je me mette à déambuler à 4 pattes derrière les plaques minéralogiques des bagnoles, ou à plomger sous les péniches des bords de Seine, ou que sais-je encore de quoi j'aurais été capable ? Quand on aime on ne compte pas !

Il a sans doute raison. Sans aucun doute ! Sur de sur ! Il est raisonnable et cartésien. Lui, me répétai-je à l'envie !

Alors je ne dois plus faire trop attention à cette voiture immatriculée 333 qui sort de son créneau, pour me laisser sa place en face de chez moi, en ce soir où je me suis invitée chez ma belle mère à un diner surprise. Sa mère... il s'en fiche sans doute... surtout qu'on a à peine parlé de lui !

Je ne dois plus non plus faire attention à la voiture 172 garée au pied de l'immeuble des enfants en Martinique (et que je ne vois qu'au bout d'une semaine !) au moment où je me plains  que "Vraiment, depuis mon arrivée ici, je n'ai aucun signe de ton père alors qu'il adorait cette île !" 

Ne plus se  soucier non plus de cette ancre ENORME  découverte par ma fille un de ses jours de tempête intérieure et de moral dans les chaussettes où elle invoquait l'aide de son père !

On laisse tomber les deux 17.20 h du four et du micro-onde de la maison visitée par notre fille ainée qui avait fait la leçon à son père pendant tout son trajet vers la dite maison . Sur le ton de "Papa, on ne rigole plus maintenant... il est uuuuurgent qu'on trouve une maison à acheter ! Tu me montres que tu es là. Ca marche avec maman et les autres soeurs ! Alors moi, tu ne me laisses pas tomber !!"

Balayer d'un revers de manche cette petite fille à côté de laquelle je m'assieds, dans le train qui m'éloigne de mes enfants et petits enfants après un temps de vacances alors que nous nous sommes quittés en pleurant ? La dite petite fille reprenant sa dictée interrompue par mon arrivée à ses côtés.

- "On reprend ma chérie : ANCRE. "

- "Quelle ancre, mamie ? L'encre pour écrire ou l'ancre marine ?" .

Et moi de penser, un peu suffoquée (tout de même) : l'ancre marine, minette, évidemment... tu ne sais pas qui vient de s'asseoir à tes côtés !

- L'ancre marine ma chérie ! rétorque la grand-mère. Et paf ! Qu'est ce que je disais ?

Et quand la dite enfant se lève et doit me déranger pour partir au wagon-bar, et qu'elle passe devant moi avec ça :

Iphone Marco 2014 - 2015 228

Après permission pour la prise de photo... je ne dois donc pas faire attention aux larmes de la grand-mère quand je lui témoigne du sens que prend en ce jour le joli t-shirt de sa petie fille ? Et qu'elle peut me murmurer à l'oreille : " Moi aussi madame, je suis chrétienne. Et je crois qu'il y a quelque chose après la mort; mais là, quand même, ce que vous me dites me bouleverse. c'est tellement fort. Et ça me fait du bien. Merci madame. Merci !"

Plus qu'à balancer tout ça d'une pichnette ?


Il n'y a qu'un blème ! J'y arrive pas !

Or,  en ce jour de la Nativité de la Vierge Marie, 8 septembre 2017... le temps a passé. Et l'eau sous les ponts.Et les souvenirs reviennent et se bousculent après une journée passée avec ma belle mère et un petit tour au cimetière.

Car les "signes" continuent à tomber depuis bientôt 4 ans.  Comme s'il en pleuvait par moments - de détresse souvent-  et beaucoup moins à d'autres. Par surprise à chaque fois. Sans que jamais je n'en aie provoqué un seul depuis la leçon d'Ars en janvier 2014.

Et ils nous sidèrent. Nous percutent et nous bouleversent. Nous émeuvent et nous parlent du Ciel qui est bel et bien peuplé.
Et depuis quelques jours,  j'en ai assez d'être raisonnable et j'ai décidé, à la demande instante de plusieurs amis, de reprendre l'écriture de  toutes ces merveilles entrevues par flashs dans mon quotidien ou celui de mes enfants, petits enfants ou de nos proches sensibles à la bienveillance de celui qui reste mon époux chéri.

Par contre je clos toute narration sur ce blog et me plonge dans la rédaction du bouquin qui s'intitulera : "Le Ciel existe, mon mari y bosse !"

Si Dieu le veut !