Je t'ai montré le chemin d'Ars... tu me montres le chemin du Ciel!

24 février 2014

Un signe en OR dans les embruns !

En quittant Pellevoisin je fonce dans le sud-ouest où m'attendent mes enfants pour les vacances de février. Joie !

C'est un peu loin. Fatiguée, je fais escale chez un ami que je n'ai pas vu depuis plusieurs années et que je retrouve depuis qu'il a appris la mort de Marco. Il vit avec son compagnon (M. que je ne connais pas) sur une dune de paradis tout assiégée d'embruns. Face à la mer. Sublime.

Ils m'attendent pour le dîner. M'accueillent à pas d'heure. M'écoutent. S'intérressent à ce que je raconte. Douce soirée entre échanges de souvenirs et nouvelles découvertes de nos vies réciproques. Dialogue attentif tout en profondeur et légèreté. Bonne nuit, quoi qu'un peu agitée.

Au petit matin, balade dans les dunes et air frisquet du grand large sous un soleil ouaté mais radieux.

Au repas de midi que nous partageons avant mon départ, j'en viens à parler des "signes" de Marco, de sa probable arrivée auprès du Père Céleste. Ayant tous les deux une foi profonde, ils me questionnent carrément et veulent en savoir plus. Je raconte ce que je vois. Je raconte et m'extasie. Je raconte et m'emballe. Je raconte et m'émeus. Du moi tout craché, quoi !

Pendant mon caquetage, M. se lève pour farfouiller dans un tiroir derrière moi. Puis, m'interrompt en se plantant à mes côtés et d'un air décidé dépose au bord de mon assiette un écrin en déclarant : "Tiens, c'est pour toi. Je crois qu'elle  t'attendait !"

Interdite, je lève les yeux. Croise son regard déterminé. Ouvre l'écrin et découvre, chavirée, une ancre dorée magnifique.Ancre en or 1

"Je l'ai depuis longtemps. Je crois qu'elle est en or. C'est un ami, joaillier chez Cartier, qui me l'a donnée. Elle est à toi !"  Ça alors ! Tu peux me rappeler depuis combien de temps on se connaît nous deux ? Au moins... 14 heures ! Assurément je n'ai aucune légitimité pour recevoir un tel cadeau. Bien sur que je ne peux l'accepter. Évidemment que je le refuse.  

Et j'entrevois mon mari qui fait des doubles sauts périlleux, triples accessoires carpés dans sa tombe !  Je suis sure qu'il trouve lui aussi que "c'est TROP... que ce n'est pas le moment de faire des signes de cette valeur... non mais ça ne va pas cette surenchère... elle va s'y habituer, vous allez voir. Je la connais !"        Depuis, elle porte l'alliance de mon chéri !

Pourtant je partirai avec le bijou. Devant lequel s'extasieront mes filles. Et sur lequel louchent les femmes quand elles le voient à mon cou.

Marco et M. vous formez une belle équipe ! Quand à moi, je reste bouleversée par la générosité de certains "vrais gentils" qui vivent que...  ce qui n'est pas donné est perdu. Encore faut-il franchir le pas de la générosité !

Merci l'ami. Merci.

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23 février 2014

Une ancre dans la Vigne

Encore une nouvelle première. Première session de "la Vigne de Rachel", depuis la mort de Marco et non pas "sans lui". Car, "sans lui"... ça je connais ! Et depuis le début de sa maladie. Puisqu'il m'avait forcée à animer une session 3 jours après la découverte de son cancer en décembre 2011 !

Seulement 3 jours ! Or, à ce moment là, je craignais tant qu'il ne passe pas le week-end ! Et tous mes enfants, (comme moi d'ailleurs),  pensaient que je resterais à ses côtés, à veiller religieusement sur lui... au lieu d'aller m'unir à la croix des autres dans une session  dédiée à la souffrance liée à un enfant non-né. A cette époque relatée au démarrage de ce blog, j'étais partagée entre angoisse et révolte. Avec la trouille au ventre et plus encore. J'avais appelé ça pudiquement : un week-end bien (trop) occupé.

Nous sommes maintenant à Pellevoisin, dans le sanctuaire dédié à Notre Dame de Miséricorde. Jusque là tout va bien.

Mais la nouvelle question qui me taraude est celle-ci : dois-je continuer d'animer ces sessions ? Suis-je légitime ? Ne dois-je pas "passer la main" le plus vite possible ? J'ai besoin d'être confirmée dans un sens comme dans un autre. Je suis prête à y plonger si c'est ajusté, pour le coup... à la volonté du Bon Jésus ; non plus à celle de mon défunt mari. Mais je passe par lui pour demander au Ciel.

En fait si ça ne se faisait pas dans la souffrance, je découvre que c'est vachement pratique d'avoir un interlocuteur au Ciel qu'on connaît comme sa poche et auquel on sait comment parler. Bon, en tous cas je lui demande de m'éclairer... et il m'éclaire !

Sans traîner. Allez ! Hop ! Pas de temps à perdre en tergiversations avec sa bourgeoise qui commence à le gonfler ! Alors, avec les autres retraitants, j'accueille Joseph et sa délicieuse épouse. Ancre du pull de Joseph

Ils s'instalent. Et que fait Joseph ? (Une armoire à glace, soit dit en passant). Il enlève son manteau, pardi... pour s'asseoir en face de moi sur un canapé.

Il y restera TOUTE la session. En FACE de moi ! Sur son canapé. A côté de sa femme chérie.

Et comment il est habillé Joseph ? Bah comme ça, tiens. Forcément ! Je voulais un signe ? Je ne suis pas déçue.

Et on vit des merveilles avec tous les retraitants, Hélène, Paule, et les frères de St Jean ! Forcément on était tous invités par un Sauveur à être là. Ensemble. Même moi. Oui... même moi !

 Merci Joseph de m'avoir permis de prendre ton pull en photo, le 3ème jour quand je t'ai raconté !

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10 février 2014

Il est malâââââde... avant même l'arrivée de la bombe

J'arrive chez A-C et G le cœur pétaradant dans mes oreilles.

"Marco tu la joues réglo et tu ne me lâches pas ! Ceci dit... merci beaucoup, hein, MERCI... aucun signe en vue ! Bon, tu me connais : tant que tu ne m'arrètes pas, je continue. Marché conclu ? Tope là mon coco !"

En effet depuis ce matin je m'attends d'une minute à l'autre à des embrouilles, des soucis multiples, des problèmes subits, des tracas inopinés. Ce que l'on appelle dans notre jargon : "du combat". Terme emprunté au domaine spirituel avec son fameux mais bien déplaisant "combat spirituel". Comme chaque fois qu'on engage une action pour le Seigneur.

En tous cas, je m'attendais à toutes sortes de désagréments, grandiosement accompagnés de SIGNES fulgurants de confirmation du Ciel et de son nouvel habitant dans le genre : "Fonce ma belle, c'est raide, mais c'est béni ! Et derrière, ne t'en fais pas... j'assuuuuure !"

En fait d'assurance, je castagnette un peu des genoux, j'ai le cœur qui patraque et je trembloterais du menton que ça ne m'étonnerait pas. " Qu'est ce que je fiche là ? Y vont m'prendre pour une folle. Que je suis. Allez, ma fille... courage : Fuis ! Avant d'être ri-di-cu-le !" "Au secours, Jésus... on dirait que je viendrais dîner et pis c'est tout ! Je ne leur parlerais de rien. Ce serait bien ça aussi. Pas trop engageant !" "Oui mais y a l'CG derrière (et mes enfants !) qui savent et qui attendent ! Pas de doute, j'peux pas m'débiner ! Zut de zut ! "

Je frappe. A-C m'ouvre, ravissante et radieuse (Aïe !)

- " Bienvenue. Tu vas bien ?"

- " Oui, très bien ! (et paf, un mensonge pour ma prochaine confession) Et vous? "

- " Trrrrès bien !  Enfin moi. Passssssssque G. lui... depuis ce matin... ça ne va pas du tout, du tout ! Il est malâââââde comme une bête ! Il jeûne pour le groupe de prière et bizarrement, ne tient plus debout !"

YEAH ! Trop cooool ! Et je vois notre G. blême et défait, descendre l'escalier d'un pas plombé. Au lieu de lui sauter au cou comme j'en ai la tentation, je me joins au rire de sa femme. Bonjour la compassion !

Je suis rassurée. Tout espoir n'est pas perdu. Il a concentré sur lui tout le "combat" que je supputais (et craignais) pour ma pomme. Après un temps de prière, il me recevra allongé sur son canap, sa femme attentivement assise à côté de moi.

Je peux alors déposer ma bombe : je les verrais bien nous remplacer, Marco et moi à la tête de MMC !

Plus attentifs qu'interloqués, ils m'écouteront longuement leur dévoiler les tenants et aboutissants de ma proposition.

On se quitte bons amis (quand même !). Ils n'ont dit ni non, ni oui. Ils promettent qu'ils vont prier. Se faire aider de leurs pères spi respectifs pour discerner... mais ne me laissent que peu d'espoir.

En les quittant, je joins les enfants et leur annonce l'excellente nouvelle : j'me suis même pas fait jeter ! Yeah !

Il y a des jours où on se contente de peu. Du bout des lèvres... je remercie mon mari.

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06 février 2014

Bombe à retardement dans le salon...

Anniv de la mort de Marthe Robin et de nos 39 ans de mariage !

Depuis la mort de Jean-Marc je suis hantée par une idée fixe : trouver des responsables / modérateurs / coordinateurs à Mère de Miséricorde !

Mon mari et moi y réfléchissions souvent sur le mode du : "Qui pourrait reprendre ?"

Et en même temps, même si nous avions pris, depuis un an, la décision de ne pas nous re-présenter pour un nouveau mandat, je vois que lâcher la mission est très douloureux pour "el hombre"  !

Revient souvent le nom d'un couple dans nos conversations. Avec les mêmes remarques de mon vis à vis : "Oui, pourquoi pas ?", "En effet !", " Pas mauvaise, ton idée, mais... il faut leur laisser le temps !", "Il faut les former..."

Et moi de ronger mes ongles et mon frein : comment ça : laisser le temps ? Mais, on n'a PLUS le temps du tout ! Il faut faire fiiiissa et viiiite même. Mais comment faire accélérer le mouvement à quelqu'un qui donne ses dernières forces pour la mission ?  A quelqu'un qui est douloureux quand on me donne, à moi seule (!) la procuration d'un compte bancaire de l'association ! "La vache, ils m'enterrent déjà !"

Je suis "l'aide aux côtés " de mon mari. Drôlement virulente souvent ! Mais aider seulement. Marcher à côté. Sans brusquer. Car c'est lui qui décidera... et qui sait, on a peut-être du temps en effet... que son Espérance est belle...

Voilà ce que je me servais depuis plusieurs mois. Puis concentrée sur sa santé, je ne me servais plus rien.

Et le 28 novembre a tout balayé et je continue à ne plus rien "me servir",  bien trop occupée à servir la mission.

En fait, on n'avait pas tant de temps que ça !

Et depuis quelques jours, CG (Conseil Général) après CG surtout, je sens "l'urgence" se rappeler à mon bon souvenir. Il FAUT OSER interpeller la relève.

Depuis le 24 janvier, je suis mandatée par la CG pour le faire.

Bien maladroitement et en blessant bien involontairement autour de moi ceux qui se proposent avec bonne volonté de "devancer l'appel",  je prends mon courage à six mains (celles de Marco comptent double !) et j'OSE appeler le fameux couple, G et A-C, que je pressens depuis le premier jour de notre mandat (6 ans avant) comme "LA" relève potentielle. Je m'invite donc chez eux, les prévenant que "j'ai-un-truc-à-vous-proposer-mais-qu'il-faut-que-vous-vous-sentiez-libres-d'accepter-ou-pas-parce-que-ce-n'est-qu'une-proposition-oui-quand-même-c'est-important-mais-vous-pouvez-refuser-je-comprendrais-très-bien-à-20h-pour-dîner-ok-ça-roule-je-vous-embrasse-et-surtout-ne-vous-en-faites-pas..."

Glups ! Bien sur qu'il faut qu'ils s'en fassent... je viens déposer une bombe à retardement dans leur salon !

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30 janvier 2014

Pax tecum Filumena !

Ars 2014 (suite)

Il est évident qu'en arrivant le 27 janvier dans "The" lieu mythique familial de "la conversion de papa", juste deux mois après sa mort, je ne peux QUE désirer des grâces. D'abord et surtout pour les retraitants de la Stabat. Que de souffrances inimaginables sont déposées dans les oreilles des accompagnateurs et dans le coeur de Dieu. C'est inouï.

Et puis pour la famille... dur, dur les temps qui courent et le temps qui n'avance pas. Paradoxal et douloureux.

Donc il faut que le Ciel soit au rendez-vous amoureux. Comme au temps du Saint Curé d'Ars. Pas moins.

 

IMG_0273

Dans mes moments libres je fais donc le pied de grue devant "la petite lumière rouge" de l'autel où mon mari, 28 ans plus tôt, s'était retrouvé "douché" par une effusion d'Amour venue d'En Haut.  Et je réclame.

J'asticote le Saint Curé dans sa châsse vermeille :    

" Faudrait voir à pas se reposer là-haut ! Y a du boulot ici-bas ! Et nous on n'est pas cap ! On est trop faibles et fragiles. Il faut que les grâces descendent ! Et viiiite ! S'il vous plaît ! Vous faites une sacrée équipe d'intercesseurs là-haut... au boulot je vous en priiiiie !"

 

Puis je fonce aux pieds de la statue de Marie où un certain 20 Août 1985 j'avais "posé mon sac à dos", à savoir l'impossibilité d'aller plus loin dans ma vocation d'épouse.

IMG_0269 Après avoir, à l'époque, reçu l'ordre du prêtre, après ma confession :  

- "Maintenant fichez la paix à votre mari ! Vous l'avez amené ? Il est là ?! Alors... lâchez-le ! Faites ce que bon vous semble pendant toute cette session et LÂCHEZ-LE !  ce n'est plus votre affaire, mais celle de Dieu ! Ok ?"

- "Ok ! " et j'avais lâché... peut-être pour la première fois de ma vie ? Je ne sais plus. Mais j'avais foncé (déjà) sur Marie en inscrivant mentalement nos noms dans son coeur comme avait fait le Saint Curé en son temps en y inscrivant les noms de tous ses paroissiens.

Mais en cette STABAT, je ne lâche pas ! Je joue même à fond la grande scène du 1- Acte 18 - du rôle de "La veuve importune" de Jésus par Saint Luc !... (ou plus exactement, Évangile de St Luc, chapitre 18, verset 1 à 18)

Et pour être sûre d'être entendue et que mes réclamations arrivent au bon bureau là haut, je demande, le 28 décembre, un p'tit signe... "Siou plait ! Pour les deux mois de mon chéri au Ciel ! A vot' bon coeur, m'sieurs dames ! Marco, tu m'entends ? Et Jésus il me reçoit 5 sur 5 ? Oui, je sais je suis tannante... rien de nouveau sous le Ciel, mais s' te plait, ne nous laisse pas tomber !"

Et j'attends. Et je scrute. De long en large. Cette fichue Basilique. Pas de 333 évidemment. Encore moins de 172, ça c'était couru ! Même pas une ancre marine : pas d'Espérance là dedans ? Eh ho ! Y a quelqu'un ?

J'en parle bien sur à Philomène, la Sainte chérie du fameux Curé dont ma petite fille porte le si joli prénom. Que nenni !

J'élargis mon champ d'investigation et parcours la maison du saint Curé maintes fois visitée. Rien ! Je longe les rues et les boutiques ! Rien ! Rien de rien piafai-je (un peu facile celle-là !)

Et d'un seul coup je me dis que je deviens givrée. Dans le sens de frapa-dingue ! Neu-neu ! Que ça ne va plus du tout dans ma tête. Et, en plus que je mets mon Dieu à l'épreuve. Et que j'emm....e sans doute mon mari. Bon mais ça c'est moins grave. Il a l'habitude, est bien rodé et ce n'est pas en 2 mois qu'il s'est déshabitué, hein Marco ?!

Alors, la mort dans l'âme et avec une contrition presque parfaite, je lâche prise. Je lâche tout. Je retrouve le chemin de l'abandon dans une Main et un Amour Providentiels qui savent sans doute mieux que moi ce qui est bon pour nous en ce village.

C'est alors qu'une journaliste de Famille Chrétienne me demande un témoignage des Stabats pour son journal ! Au lieu de recevoir... je tente de donner. Pauvrement comme toujours. Mais encore un peu plus en ce jour.

Je dois quitter Ars avant la fin de la session... je ne saurai pas si mes prières sont arrivées à bon port. C'est ainsi.

Je sors une dernière fois de la Basilique. Hume l'air frais de la place maintes fois décrite par mon mari dans chacun de ses témoignages. Je goutte le soleil avec délices.

Ah, tiens... un dernier saut vers la rotonde où la relique du coeur du St Curé est exposée et où je n'ai pas eu le temps de me rendre avec mes recherches débiles. J'entre. Pas de coeur. Il est en balade dans un coin de France où il doit encore faire des siennes en paquets de grâces ! Même lui a déserté !

Un p'tit coup d'oeil sur les fresques et mosaïques avant de sor... de sortir... et là ! ÉNORME... au dessus de ma tête car surplombant la porte et donc tout le temps exposée face à la relique du St curé d'Ars :

Ancre d'Ars 2

L'Espérance. La seule ancre d'Ars ! Et le nom de notre petite fille en sus. Filumena : Philomène chérie. Avec, comme une bénédiction toute particulière de ton bon-papa au ciel, allié de Ton Père du Ciel. C'est trop bon. Je m'écroule en sanglots de reconnaissance. Que de grâces. Merci !

Oui bien sur que je suis folle, mais " ... ce qu'il y a de fou dans le monde voilà ce que Dieu a choisi. Ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi !" (Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens - Chapitre 1. Verset 27)

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Cet homme m'énerve !

Session Stabat du 26 au 31 janvier. Dans les Dombes... 30 km de Lyon.    

Première plongée dans la souffrance des autres depuis "l'entreé dans la Vie" de Jean-Marc.

L'équipe m'accueille avec beaucoup de gentillesse, me proposant de vivre les choses à mon rythme, consciente de tout ce qu'Ars et la session peuvent réveiller en moi de souvenirs et de chagrin.

Effectivement de vives émotions troublent mon coeur : revenir seule, alors que nous étions pratiquement toujours ensemble pour co-animer ces sessions est bien douloureux. Et Ars, Ars... ARS fut "The place to be" pour notre couple et notre famille. C'est le lieu dont Jean-Marc a tellement parlé dans chaque témoignage de sa conversion.

Si l'abbé Jean-Marie Vianney, en devint le bien modeste curé à la fin de la révolution française, c'est par son amour débordant pour ses ouailles et sa sainteté qu'il attira les foules de son vivant.  Et notre couple paumé en 1985 !

C'est à lui que j'ai emprunté (et déformé) le titre de ce blog. En effet, en arrivant à Ars, le jeune prêtre demanda sa route à un petit berger. Une fois renseigné, le nouveau curé dit à l'enfant : "Tu m'as montré le chemin d'Ars, je te montrerai le chemin du Ciel !" Ce qu'il ne manqua pas de faire.

Quand à moi, une fois dans ma vie, j'ai montré à mon mari le chemin d'Ars...  et il n'a cessé, depuis, de me montrer le chemin du Ciel !

Et il continue à le faire aujourd'hui. Ce blog en est le modeste témoin.

Mais je pensais qu'il continuerait à le faire longtemps... à mes côtés. Or, quelques semaines avant sa mort, le coeur lourd et révolté je lui disais :

- "Tu ne peux pas mourir maintenant,  c'est impossible... tu n'as pas fini d'écrire le témoignage de ta conversion que tous les gens te réclament quand ils t'ont entendu ! Tu ne peux pas mourir !"

En me regardant d'un air arsouille (que nous lui connaissions bien quand il se moquait de ma pomme), il  me répondit dans un doux sourire malicieux :

- " Ce sera ton job, ça ! Moi, j'ai déjà écrit une quarantaine de pages. Je n'ai rien à rajouter. En plus, je ne connais personne qui raconte aussi bien que toi ma conversion ! Tu as toujours été très douée pour raconter des trucs que tu n'avais pas vécus ! Tu verras... tu feras ça très bien !"

Que cet homme m'énerve ! Jusqu'au bout du bout du banc il m'aura énervée ! Et c'est en l'embrassant tendrement que je le lui dis ce jour là.

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14 janvier 2014

Un père spirituel

Post incompréhensible si l'on a zappé "Un nombre en or" du 1.12.2013

Non, un père spirituel, ce n'est pas un père rigolo (quoi que !) mais c'est "celui auquel on est invité à tout dire et en tout demander conseil !" Au niveau spirituel. De l'âme, quoi !

Je n'ai pas vu le mien depuis des mois, même s'il est venu dîner à la maison en septembre... sentant peut-être le vent tourner pour Jean-Marc et voulant le rencontrer une dernière fois ?

Quoi qu'il en soit, je me demande si je dois continuer à le solliciter. Je me fiche à peu près de mon âme "comme d'une guigne" aurait dit ma mère.

Allez. Je me secoue et l'appelle. Il m'accorde un rendez-vous très rapidement. Perçoit-il un léger caractère d'urgence ?

Sur tout le trajet qui me conduit chez lui, je me dis que c'est inutile... que je n'ai rien à lui dire.. que tout ça est vain... que ma vie spirituelle je m'en balance... que...  que. J'en parle à Jean-Marc sur le mode du "Kesss t'en penses, toi, là haut ?"

In fine, je plonge avec ma voiture dans le parking qui jouxte son presbytère (il est prêtre !). Me gare. Sors de Titine et tombe nez à nez avec ça ! Voiture garée à côté de la mienne !

Marco ds le CD du Bon Dieu

Bon ben... je prends la photo ! Que j'envoie aux enfants illico ! Forcément. Bon, ben... je ne floute même pas... car tout y est ! Et je trouve trop drôle que mon mari "signe" en faisant le crâneur.

Mais finalement, être au Ciel n'est-ce pas être dans le corps diplomatique du Bon Dieu ? Et s'il était vraiment auprès de Dieu. C'est si bon d'y penser ainsi...

En tous cas, j'ai senti la bénédiction de mon époux pour continuer mon chemin avec cet accompagnateur spirituel (qui s'avère être rigolo... en plus !)

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06 janvier 2014

Signes par milliers ( jolie suite !)

Post incompréhensible si l'on n'a pas lu "Un nombre en or" 24.11.2013

Eh, vous savez koa  ? Le cantique, "Signes par milliers ", pas forcément transcendant au demeurant, se trouve, dans les carnets de chants de la paroisse, page... 172 !

Trop fort, non ?

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Signes par milliers...

Toujours à propos de "signes" comme "clins-Dieu". (Ça me fait gamberger cette histoire !)

Dans le livre Jade et les sacrés mystères de la vie de François Garagnon, la jeune héroïne, très perspicace, nous explique comment reconnaître ces clins Dieu :

«  Évidemment, le problème, quand on cherche à percer les mystères de la vie, c’est de ne pas se tromper de signe. Avec un peu d’habitude, c’est assez simple, parce qu’il y a des clins-Dieu partout.
D’abord, Dieu, on le trouve partout où il y a de la lumière.

La lumière est invisible, vous êtes d’accord ; ce qu’on voit ce sont les choses éclairées. Eh bien Dieu c’est pareil : il est invisible ; ce qu’on voit, ce sont les choses qu’Il éclaire.»

Donc, pour moi, les signes que ce sera un Signe seront dans les choses qu'Il éclaire... et, et... dans les "fruits" que cela porte. Appelés aussi "fruits du Saint Esprit"  (3ème personne de la Trinité ou encore, Amour fou du Père pour le Fils et vice versa ... souvent représentée sous la forme d'une colombe comme dans le vitrail du maître autel au Vatican) 

   

 Et ces fruits sont : « charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance en soi, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi » (Epitre de St Paul aux Galates, 5,22)

 

En gros ça donne un peu cette tête là :

ou celle-là :Mars_2004_Versailles_L'Ermitage_001

 

 

 

 

Sinon, c'est pas un "signe" !

« Nous te rendons grâce, Seigneur, pour tous les signes de ta présence, des guérisons les plus spectaculaires aux plus intimes de nos résurrections… »

Saint Bernard

 

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A propos de "Signes"

A partir de maintenant, et au gré des pages qui vont suivre, je suppose, (me connaissant ) que je vais demander des "signes" à mon mari, au Seigneur, au "Ciel" qui laisseront d'aucuns dubitatifs ou pantois. Qu'importe !

Je  m'efforcerai, en toutes circonstances, de les écrire au plus près de ce que j'ai perçu. De ce que mes enfants ou nos amis m'auront rapporté.

Tel cet ami médecin qui m'a déclaré :

- "Sache que ton mari bosse toujours, là où il est. J'ai reçu une patiente que je connais bien. Elle venait m'annoncer qu'elle allait avorter. J'étais totalement démuni. Comment te dire, à un moment j'ai "senti" que Jean-Marc était là. Dans mon cabinet. Qu'il m'aidait peut-être à écouter, à trouver les mots. Je ne sais pas... Juste sa présence bienveillante... tu comprends ce que je veux dire ?"

Oui. Je comprends surtout que ça faisait bien un quart d'heure que je n'avais pas pleuré ! Alors je lui dis que je comprends...

Au moment de raccrocher, il se reprend :

- Ah, en fait si je t'appelle pour te dire ça, c'est que ma patiente est revenue aujourd'hui. Bon, ben, elle est radieuse. Elle garde son bébé finalement. Allez. Salut !

Allez. Salut ! Ce s'rait pour une grosse livraison de kleenex s'il vous plait !

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