Je t'ai montré le chemin d'Ars... tu me montres le chemin du Ciel!

29 novembre 2013

A Dieu !

Les enfants et moi sommes absolument bouleversés par les très nombreux messages que nous recevons depuis ces derniers jours et vous remercions de tout coeur.

La messe d'A Dieu sera célébrée le lundi 2 décembre, à 10 h 30, en l'église Saint Clodoald de Saint Cloud, (Hauts de Seine) 19 place Charles de Gaulle.

L'inhumation aura lieu à Végennes (Corrèze) dans l'intimité familiale.

Suivant les volontés de Jean-Marc, nous demandons que ne soient envoyées ni fleurs, ni couronnes.

Ceux qui le désirent peuvent les remplacer par des messes ou des dons au profit de "Mère de Miséricorde".

 

"Celui qui pratique la miséricorde ne craint pas la mort !" disait le Pape François dans son homélie de mercredi dernier.

 

 

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28 novembre 2013

Entrée dans la Vie

A 10 heures, ce matin, après une nuit paisible, Jean-Marc est parti vers la Maison du Père.

Merci pour vos prières, votre soutien amical, vos pensées fraternelles qui nous ont portés pendant toutes ces semaines.

En communion de pensée et en union de prière pour ceux qui ont la foi.

A bientôt.

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27 novembre 2013

Une étape déterminante

Nuit difficile avec une pique d'angoisse à cinq heures où je dois l'empécher de sortir de son lit.

Ce matin après mure réflexion et demande de conseils à notre médecin traitant, nous prenons la décision d'adjoindre un sédatif à la morphine. Nous privilégions son confort à la relation entretenue avec lui jusqu'alors.

Finis les mots. Finis les regards échangés. Les sourires et les pressions de main de sa part. Place à la quête de signes plus ou moins clairs. Place à du nouveau. Totalement inconnu de chacun de nous.

Une fois la pompe à perfusion branchée, nous le voyons encore une demie heure réagir à nos caresses et autre gant frais passés sur le visage. Puis, plus aucune réaction. Rien... rien qu'une respiration hachée et bruyante qui nous arrache les tripes malgré le calme total qui envahit mon mari. Un petit cri de temps en temps vient ponctuer cet endormissement provoqué.

Nous prenons conscience brutalement, notre fille et moi, qu'une étape décisive a été franchie. Nous assistons en quelques minutes à une entrée en agonie. Au milieu de nos sanglots nous continuons les douceurs et les caresses du toucher. Echanges de regards chavirés par dessus le corps qui ne souffre plus et qui se détend totalement.

Les heures qui suivent seront consacrées aux démarches fort complexes et à la coordination entre l'hopital, l'unité d'HAD et celle de soins paliatifs. Un doux mélange de professionnels remarquables et d'administratif défaillant.

Que d'énergie à dépenser pour accompagner quelqu'un qui veut aller jusqu'au bout naturel de sa vie...

Dieu, que d'énergie !

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26 novembre 2013

Les derniers pas

Ce soir, je crois pouvoir dire que je l'ai vu faire ses derniers pas.

Il y a quelques minutes, aidé de son fils, il a voulu que je l'accompagne aux "pip's room", en traînant tous ses branchements devant ou derrière lui. Au milieu du couloir, en s'écriant "Je dois m'asseoir !", il s'est écroulé dans les bras de celui dont il a guidé les premiers pas.

La morphine est trop forte depuis ce soir, pour qu'il garde quelque indépendance ou mobilité que ce soit.

Mais la nuit dernière et cette journée ont été trop douloureuses pour qu'on ne demande pas au médecin spécialiste de la douleur de "faire quelque chose". D'autant plus que, pour la première fois, Jean-Marc m'a demandé cet après-midi, au plus fort d'une crise de souffrance : "Sabine, tu sais quand je vais mourir ?" (Il a depuis quelques jours l'impression que je serais dans les secrets des dieux, détentrice de confidences qui lui échapperaient...)

A ma réponse : "Non, Marco, je ne sais pas. Je n'en ai aucune idée, je te le promets." Il a rétorqué dans un souffle infiniment las : "Je n'en peux plus... je n'en peux plus..." avec le visage chiffonné de fatigue douloureuse.

Je publie tout de suite ce mot avant d'aller, à minuit, brancher la perf de 'Perfalgan', censée optimiser l'effet de la morphine.

Merci pour vos prières.

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24 novembre 2013

Un nombre en or !

Installés dans le salon transformé en chambre d'hôpital, nous tenons compagnie à Marco qui s'assoupit beaucoup, souffre un peu (il prend sa position antalgique bien connue maintenant en recroquevillant ses jambes vers le bassin).

Dans ses moments d'éveil nous lui parlons. Notre dernière fille, en face de moi de l'autre côté du lit, est très attentive au moindre signe de douleur. Elle veille.

Je ne sais plus comment j'en viens à parler de ce que l'on vit au Ciel et à lui demander s'il serait d'accord pour nous faire un petit signe de là-haut pour nous dire qu'il est "bien arrivé" et qu'il intercède pour nous.

Il sourit. Glisse un oeil de côté et murmure tout simplement : "Tu penses à quoi comme signe ?" Éberluée de cette question toute simple alors que je l'attendais sur ses grands chevaux du genre : "Toi avec tes idées tordues..." Rien de tout cela.

Du coup, je fonce : "Tu nous as tellement parlé de l'Espérance, de l'ancrage dans l'Espérance que tu pourrais faire traîner des ancres par ci, par là. Chez Leclerc, sur un quai de métro, chez Mac Do..."

Son oeil glisse à nouveau vers mon côté et péremptoire, en fronçant le nez, il assène : "Trop facile !"

Une ancre sur un quai de gare... j'trouve pas ça trop facile... m'enfin, s'il le dit !

Je propose illico : "Le chiffre 3, la trinité. Ou plusieurs fois 3 : tu nous réveilles à 3.33 h en pleine nuit, on fait un chèque de 333.00 euros (ici, Mac Poujade s'entruche et tousse !), je veux dire de 33.30 euros..."

Le couperet retombe : "Trop facile !"

Et là, c'est lui qui a une idée : "Ma taille !"

- "Quoi, ta taille ?"

- "Ma taille ! Je vous ferai un signe avec ma taille : 1.97 m !"  Nous rigolons en douce tous les trois... son vieux complexe ressort en ces minutes. Ne faisant qu'1.72 m, je l'ai entendu dire à tous les médecins : 1.72 et demi, docteur !

- " Tu veux dire que si nous voyons ces trois chiffres : 1.7.2. ce sera un signe de ta part ? Tu es certain que tu veux ça ?"

- "Oui, c'est ça !" murmure-t-il avant de re-pencher la tête, épuisé. Vite endormi.

Je pense personnellement, que c'est n'importe quoi et qu'on peut, en toute logique, espérer une belle dentition aux gallinacés avant d'avoir un signe de sa part !

Je m'atriste intérieurement. Mais sauf contre ordre, ce n'est pas moi qui pars au Ciel la première, donc je m'incline... peut être est-il inspiré ?

 

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21 novembre 2013

C'est la fête !

Pendant que Jean-Marc s'avale un pansement pour l'estomac, nous sabrons le champagne autour de son lit pour l'anniversaire de notre fille.

Alors qu'elle n'y tenait pas particulièrement, (bizarre, comme si elle avait d'autres trucs en tête...) son père a tenu mordicus à ce que nous fassions la fête autour d'elle.

"Merci Seigneur pour cette belle journée" avons-nous pu dire au bénédicité du dîner !

Mais on r'ferait pas ça tous les jours ! Ce serait de la gourmandise !

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Un grand moment

La messe se déroulera dans la sacristie où nous nous réunissons, depuis deux ans, pour la CG de Mère de Miséricorde. La boucle est  bouclée : les enfants et la Mission sont réunis en un seul lieu. En un seul coeur aussi : celui de mon époux pendant quelques jours encore. Je ne m'étais pas trompée !

Cette messe, Jean-Marc l'a désirée d'un grand désir car elle est aujourd'hui,  pour lui, très personnellement, anticipation du Royaume où nous nous retrouverons en famille un jour.

Un grand moment tout simple. Familial ô combien, béni par "Papa Bon Dieu", comme disent les antillais !

La guitare du fiston qui accompagne nos chants... on connaît, depuis le temps qu'on pratique. Alors, on fonce, c'est parti ! Chant d'entrée, les notes s'envolent... un peu enrouées ou c'est une impression ? Un peu enrouées !

Puis première lecture, carrément enrouée (!) d'une des filles qui trop émue, passe le flambeau à son père. C'est "papa Poupou" qui finit la lecture.

Douce et ferme exhortation de notre curé en cette fête magnifique de la Présentation de Marie.

Au baiser de paix, c'est la Paix. Que la paix ! Bon, ben, la Paix, c'est simple... comme un baiser.

Puis vient le sacrement des malades. Onction d'huile sur la tête et les mains du malade. Onction de douceur dans le coeur. Onction et bénédiction du prêtre. Signe visible et efficace de l'onction Céleste pour mon mari.

A plusieurs reprises il me serre la main. Si fort ! Où trouve-t-il cette force ?

Le chant final choisi par les enfants nous achève : "Mets ta joie dans le-e Sei-eigneur, compte sur Lui et tu verras, il agira et t'accordera plus que les désirs de ton coeur !" avec Marco qui bat des mains et qui en redemande ... c'est trop !

"C'est vraiment le Paradis ! Au milieu du chagrin !"  résume ma belle mère, à la fin de la cérémonie. Elle a tout compris, comme d'habitude. Telle mère, tel fils !

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Onction extrême

Il est des moments où le Ciel descend sur terre. C'est la vérité vraie !

Ce moment où un père, sachant que son départ pour la Patrie céleste est imminent, rassemble ses enfants pour les bénir en fait partie. Nos cinq enfants et notre belle fille (avec son dernier bébé) ont été invités à rejoindre le futur grand voyageur dans sa chambre.

Et là, d'une voix faible puis de plus en plus affirmée, il les a bénis. Il a pu dire ce que nous partageons en ménage depuis des années, à savoir que nous ne méritons pas les enfants que nous avons eus !

Et, il le leur dit. Il les remercie d'ETRE, tout simplement. Il s'émerveille du cadeau qui nous a été fait de les avoir eus comme enfants. Il prononce aussi les mots qui exhortent. La feuille de route pour les couples mariés surtout.

Assise à côté de leur père, je contemple la douceur des regards de nos enfants, leurs doux sourires embrumés de larmes, puis plus de larmes, la paix qui descend dans les coeurs au milieu d'un immense chagrin.

"La mort, c'est triste, mais c'est pas grave !" disait le fils d'Anne Dauphine Jullian, dans "Deux petits pas sur le sable mouillé"

C'est là que s'est déroulée l'onction extrême du père pour ses enfants. Un viatique pour la route !

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Tout pour papa

15 heures ! Heure de la Miséricorde divine.

Depuis plusieurs années nos téléphones bipent à cette heure, nous rappelant l'exhortation de Jésus (lui-même) à Sainte Faustine Kowalska : "A trois heures implore ma miséricorde, tout particulièrement, pour les pécheurs, et ne fût-ce que pour un bref instant, plonge-toi dans ma passion… C’est là une heure de grande miséricorde pour le monde entier… en cette heure, je ne saurais rien refuser à l’âme qui me prie, par ma passion..." (Petit Journal, 1320)

C'est donc à cette heure que notre curé nous a proposé de célébrer une eucharistie pour Jean-Marc entouré de sa famille, avec proposition de recevoir le sacrement des malades (anciennement appelé "extrème onction ").

Marco obtient donc une perm de 14h à 20h, (pour un 5 à 7 avec Jésus) !

Au moment où il demande cette faveur, je panique complètement. Va-t-il marcher ? Tenir debout ? Montera-t- il les escaliers ? Arrivera-t-il à les descendre ? Tiendra-t-il une heure assis pour cette messe ? Et s'il a un malaise ?

Devant le regard sidéré des enfants qui sont prêts à tenter l'aventure pour et avec leur père je me ressaisis : Eh, quoi, ma fillle, que crains-tu ? Qu'il meure ? Mais il va mourir, là, tout bientôt... alors à quelques heures près...

Et c'est le coeur tranquillement chaviré qu'accompagnée de notre fille ainée, je pars le chercher à l'hosto.

Pendant ce temps notre fils prépare les chants, chauffe sa guitare, transbahutte les statues du St curé d'Ars et de la Vierge, (faut c'qui faut !) accompagné des ses soeurs qui repassent la nappe d'autel, installent les chaises, les bougies, les fleurs de Laetitia offertes la veille. Toute petite ruche calmement bourdonnante.

Tout pour satisfaire à cette dernière volonté de leur père !

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Grosse frayeur !

"Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire MAMAN, joyeux anniversaire! "

Ces mots, claironnés, dès potron minet, dans le téléphone de notre fille que je décroche à sa place, me mettent le coeur en liesse. Je murmure : "Ce n'est pas maman, c'est Mathy ! Rechantez, je vous passe votre maman !"

Et je dégringole la volée de marches. J'entre en trombe dans la chambre/bureau où dorment deux de nos filles qui campent là pour ne pas me laisser toute seule. Elles sont pétrifiées sur leur lit : "Hein, quoi, que se passe-t-il ?"

Je passe le téléphone. Les chants reprennent de plus belle dans l'oreille d'une jeune maman de 35 ans, bouleversée et radieuse.

Quelques minutes plus tard, elles me rejoignent pour le p'tit dèj, le coeur battant encore la chamade : - "P....., maman, tu nous as fichu une de ces peurs ! On a cru toutes les deux que c'était pour papa !"

Non, les filles, pas de panique : votre père est encore vivant ! Et bien vivant !

Quelle grâce : il sera bien là pour fêter l'anniversaire de sa fille, née le jour de la Présentation de la Vierge Marie au temple ! Youpi, elle a 35 ans ! Champagne !

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