Ce soir à 17 h 30 : première séance de 2 minutes de rayons. Il y aura dix séances en deux semaines.

On arrive avec une demie heure d’avance : erreur fatale… on croise ainsi toutes les personnes qui nous précèdent ou nous suivent et qui n’ont pas l’air d’aller bien du tout, du tout… ce monsieur en pyjama qui titube légèrement, cette  dame qui a deux cannes et cet homme qui a des tubes qui sortent du devant de sa chemise.                                                                                                                                                                                          Que des personnes  admirables de venir et revenir volontairement à ces séances… mais qui m’affolent intérieurement. Comme je suis très courageuse je ne montre rien à mon chéri qui, lui, plonge consciencieusement son nez dans son I Phone, soudainement passionné par les échauffourées Sarko-Hollande ! Bizarre : la politique, jusqu’à ce soir ne le passionnait pas.


« Monsieur Poujade ! c’est à vous ! »


Aïe, pendant la séance, je ne peux plus me concentrer sur les conseils pourtant prodigieux de Madame - Fig  pour que je sois une ' it girl ultra trendy ou shaby-chic' au printemps prochain… Dommâââge!                                                                                                                                                   "Instant présent " quand tu nous tiens : je me fiche du printemps, je suis 17 h 48 du 16 janvier, et mon mari est sous une machine à rayons qui crament tout sur leur passage, et il ne faut pas qu’il bouge, et j’ai peur qu’il ait mal !!


A peine 10 mn de « Réjouis-toi »* plus tard, et le voilà qui ressort, bien vivant, avec un triomphal : « ça y est, chui tout guéri ! ». Il y a des baffes qui se perdent ! Il n’a « rien senti » mais prend sous ma bienveillante autorité ses médicaments post rayons, qui semblent, à voir sa tête, plus douloureux à avaler que la séance elle-même…
Demain, on remet ça… mais demain, c’est demain.


"Réjouis-toi " ou « Kaïrè » en grec, ou « Salve » en latin, est le début de la salutation d’un chanceux des cieux à savoir, Gabriel, Archange de son état, délégué par le patron du monde (Dieu lui-même!) pour rencontrer une gamine d’Israël, belle comme le jour, vierge et fiancée à un autre chanceux, de la terre, celui-là : le charpentier Joseph. On le traduit aussi par «  Je vous (te) salue » … Marie : c’est le prénom de la Toute Belle, bien sur. Et le super de cette salutation, c’est que depuis des millénaires on ne se lasse pas de répéter ces mêmes paroles. Des plus grands penseurs comme JP. II* ou B. XVI*, au plus pauvre sidéen de Mélen*. Je ne vois à cela qu’une raison, c’est qu’elles étaient vraiment, mais alors là, vraiment, inspirées par le Saint-Esprit de Dieu, ce jour là … et les suivants ! Donc on peut le répéter dans n’importe quelle situation –il faut être honnête qu’on y pense plutôt quand ça ne va pas- sur un chapelet, ou pas, au vu de tous, ou pas… et là je dois avouer que j’égrenais les mots plutôt en planquette !

*"JP II" : Prononcer: "Ji Pi Tou" : L'idole internationnale des jeunes pendant 20 ans dont le nom de scène était "Pape Jean-Paul 2", Karol pour les intimes.

* "B XVI" : à ne pas prononcer: "Bé, Croix,Vé, Bâton" sauf si vous êtes nostalgiques des sketches des inconnus dans les années 80, mais plûtôt à scander : "Be ne de tto!" comme les jeunes branchés des JMJ. Pape actuel, "intelligent comme dix professeurs et humble comme dix moines" aux dires d'un évêque.

* Mélen : Lieu de vie près de Libreville où meurent dans la dignité et entourés d'affection des malades du sida gabonnais,  munis d'un chapelet comme passeport (aller simple) pour le Ciel, depuis qu'une certaine Estelle Satabin s'est occupée d'eux.